LEGENDES GRECQUES

 

Auteur du livre "Les loups mythes et légendes" de Claude-Catherine Ragache

 

 

L'ÎLE AUX LOUPS


En Grèce vivait une princesse appelée Théophané, ca qui signifie « apparition divine ». Ce nom lui allait à merveille, car elle était, à l'égal des déesses, d'une grande beauté. Aussi vivait-elle entourée de nombreux prétendants, qui rivalisaient de charme pour lui plaire.
Théophané n'était pas pour autant pressée de désigner son futur époux.Grâce à la présence des jeunes gens, le palais du roi Bisaltés, son père, était le centre d'une joyeuse animation. Mais, parfois, lorsqu'elle voulait profiter d'un moment de calme, elle descendait au bord de la mer, en compagnie de deux ou trois servantes. Elle choisissait une heure matinale, avant l'arrivée des prétendants et, sur la plage encore déserte,les jeunes filles, ayant ôté voiles et tuniques, jouaient dans les vagues et s'éclaboussaient en riant joyeusement.
Poséidon, le dieu de la mer, habitait au fond de l'eau un palais étincelant. De temps en temps il émergeait des profondeurs, conduisant un char attelé de fougueuxchevaux à la crinière dorée. Il soulevait les flots de son trident, tandis que les vagues se frangeaient d'écume à son passage. il n'en restait pas moins invisible aux humains, et seules les tempêtes qu'il déchaînait alors les avertissaient de sa présence.
Un matin, Poséidon aperçut Théophané sur la plage. Il était d'humeur plutôt enjouée et menait son attelage moins vite que de coutume : une brise légère se leva sur la mer, faisant naître quelques vagues dans lesquelles les jeunes filles restèrent à jouer. Ébloui par la beauté de la fille du roi, le dieu en devint amoureux et il résolut aussitôt, piqué par la jalousie, de la soustraire aux assiduités de ses prétendants. Le lendemain matin, une vague plus forte que les autres vint arracher Théophané au rivage... Impuissantes, les servantes la virent s'éloigner vers le large : elle semblait voler sur les flots, puis elle disparut à l'horizon dans une gerbe d'écume argentée...
Au palais royal, la consternation fit bientôt place à la colère. Les prétendants devinèrent l'intervention de Poséidon : ils interrogèrent des oracles, consultèrent des magiciens, et finirent par apprendre que le dieu cachait Théophané dans une petite île de la mer Égée. Oubliant leurs rivalités, ils décidèrent de partir ensemble à sa recherche. Après avoir fait construire un navire et engagé marins et rameurs à prix d'or, ils se lancèrent sur la mer, prêts à affronter les redoutables tempêtes que le dieu ne manquerait pas de leur envoyer pour les décourager.
Après des jour et des jours de navigation entre des milliers d'écueils, face au vent déchaîné qui ralentissait leur course, les prétendants débarquèrent dans l'île qui abritait Théophané. Ils se dispersèrent aussitôt en petits groupes pouyr en fouiller les moindres recoins. Après plusieurs heures de recherches, force leur fut de constater leur échec : ils n'avaient trouvé dans l'île que des moutons des centaines de moutons ; mais aucun être humain, pas même un berger ! Les maisons étaient abandonnées : qu'étaient donc devenus leurs habitants ?
De rage l'un des prétendants saisit soudain son javelot et en transperça un mouton qui broutait paisiblement non loin de là. Aussitôt ce fut un massacre. Tandis que les uns amassaient du bois sur la plage, les autres égorgeaient les moutons, puis les dépuillaient pour les faire rôtir au-desus des feux rapidement allumés sur la plage.
A l'écart, immobile au somment d'une coline, un bélier contemplait le spectacle. A ses côtés était couchée une brebis à la toison immaculée. Brusquement, le bélier se dressa sur ses pattes arrière, puis se laissa retomber sur le sol ; entre ses pieds jaillit une gerbe d'étincelles. Au même moment, deux éclairs, partis de ses cornes, vinrent frapper la plage où les hommes, ivres de sang et de colère, commençaient à dévorer les moutons à belles dents. Alors l'un d'eux poussa un cri d'horreur : il voyait son voisin se couvrir de poils sombres et tomber à quatre pattes. Lui-même sentit des oreilles s'allonger, son corps se distendre... Tous les prétendants perdaient rapidement forme humaine ! Quand ils voullurent parler, ils purent seulement hurler ! Des loups ! ils étaient devenus des loups !
Il ne resta bientôt plus sur la plage que des loups frappés de stupeur. Avant de disparaître derrière la colline, le grand bélier et la brebis reprirent leur forme véritable, et les prétendants transformés reconnurent alors Poséidon et Théophané, qui avaient emprunté cette apparence pour mieux se dissimuler ; quand aux mouton , ils n'étaient que les habittants de l'île, également métamorphosés par dieu. Furieux de l'attitude des jeunes gens, Poséidon les avait condamnés à errer sous forme de loups jusqu'à la fin de leur vie.
Jamis les hommes ne retrouvèrent l'île où Poséidon avait caché Théophané. Et jamais on ne revit les prétendants. Peut-être existe-t-il toujour une île peuplée de loups, quelque part en mer Égée...

 

LE LOUP DE MARBRE


Sur le stade ensoleillé, un même athlète avait remporté toutes les épreuves. Il se nommait Phocos et était le fils du roi Eaque et de la nymphe Psamaté. Avec facilité il avait éliminé du concours athlétique ses deux demi-frères, Télamon et Pélée : le premier à la course, le second au javelot. Tandis qu'un esclave le massait, Télamon grommelait : «C'est toujours la même chose : depuis son retour, Phocos remporte toutes les couronnes ! Te souvien-tu, Pélée, hier encore nous étions les plus forts ! Cela ne peut durer ! » Pélée, qui frottait son corps d'huile parfumée, acquiesça silencieusement.
Quelques jours plus tard, alors que les trois fils d'Eaque s'entraînaient à l'écart du stade, une pierre lancée par Télamon atteignit Phocos à la tête : celui-ci s'écroula, mort. Hâtivement , Pélée et son frère dissimulèrent le corps sous un amas de branchages, puis revinrent au palais.
Inquiet de la disparition de Phocos, Eaque envoya des soldats à sa recherche ; ils ne furent pas longs à découvrir le cadavre. Rapidement identifiés, les coupables expliquèrent qu'ils s'agissait d'un accident. Connaissant leur jalousie, on ne les crut pas. Furieux, Eaque renia ses deux fils et les bannit à jamais : ils quittèrent l'île d'Egine, sous le regard implacable de leur belle-mère, Psamathé.
Séparément, les deux frères gagnèrent des royaumes voisins pour y demander l'hospilalité. Pélée regrettait amèrement les circonstances qui l'avaient fait complice de ce crime alors qu'il avait tout pour être heureux : il avais épousé la nymphe Thétis, dont il avais eu un fils promis à un destin glorieux, Achille. Lorsqu'il parvint enfin au royaume de Trachis, il décida de cacher la raison de son exil.
Pélée laissa hors de la ville des troupeaux de boeufs qu'il emmenait avec lui, puis il demanda au roi l'hospitalité. « Ton nom est illustre, lui répondit le roi, tu est ici chez toi. »
Pendant ce temps, comme les boeufs avaient chaud, leur gardien les avait conduits au bord de la mer, près d'un temple ombragé consacré au dieu Nérée et à ses filles ; or Psamathé était précisément une des filles de Nérée, comme d'ailleurs Thétis, la femme de Pélée. A peine les boeufs étaient-ils paisiblement entrés dans l'eau pour y chercher la fraîcheur qu'on entendit un hurlement épouvantable. Il provenait d'un marais situé à proximité : un gros loup en sortit, la gueule rouge de sang, les yeux flamboyants. Fou de rage, il se jeta sur les boeufs et les mordit les uns après les autres, sans qu'il aient le temps de fuir. Des bergers voullurent s'interposer : ils subirent le même sort. Terrifié, le gardien des boeufs courrut au palais pour prévenir Pélée.
Immédiatement, le roi de Trachis ordonna à ses hommes de revêtir leurs armures et de prendre leurs arcs. Lui-même se préparait à conduire l'expédition bien que son épouse le suppliât de ne pas exposer imprudemment sa vie. Pélée la rassura : « Ce loup est envoyé contre moi seul, dit-il à ses hôtes, car j'ai gravement nui à une Néréide. Laissez-moi implorer cette divinité de la mer ! »
Alors le roi conduisit Pélée au sommet d'un phare qui dominait la citadelle de Trachis. De cet observatoire, ils découvrirent un atroce spectacle : le loup monstreux continuait son carnage parmi les boeufs et les bergers. Tendant les mains ver la mer, Pélée suplia Psamathé de mettre fin à colère, et le fauve s'acharnait de plus belle sur ses proies. Déçu, Pélée s'adressa à son épouse Thétis : « Ô déesse de la mer, apaise la colère de ta soeur Psamathé et obtien son pardon ! »
Enfin la mère de Phocos se laissa fléchir ; mais lorsqu'elle voullu rappler le loup, celui-ci refusa d'obéir. Au moment où il enfonçait ses crocs dans le cou d'une génisse, la Néréide, furieuse, le changea en loup de marbre.
Pendant des siècles, pétrfié sur la plage dans une attitude menaçante, le loup de marbre inspira aux bergers le respect et la crainte.

 

LE SIGNE DU LOUP


Héra entra dans une violente colère lorsqu'elle apprit la nouvelle infidélité de son époux, Zeus. Ses accès de jalousie étaient célèbres : Héra tourna sa rancune contre sa rivale en interdissant à tous les lieux de la Terre de lui donner asile pour qu'elle accouche. La malheureuse, qui s'appelait Léto, dut quitter sa patrie, le pays des Hyperboréens. C'était, en bordure de l'océan, une contrée située à l'extrême nord de la Terre, là où le dieu Borée, de son souffle puissant, donnait naissance à un vent glacé. Léto traversa ces régions désolées, sentant toujours planer autour d'elle les menaces d'Héra. Chassée de toutes les cités, repoussée de toutes les îles, elle se réfugia au coeur des forêts, où elle craignait les bêtes sauvages. Aussi, pour se dissimuler, prit-elle l'apparence d'une louve...
La louve Léto parvint enfin dans une île oubliée d'Héra, une petite île errante qui était pas encore fixée au fond de la mer, où elle mit au monde des jumeaux : déesse Artémis et dieu Apollon.
Les malheurs de Léto n'étaient pas terminés. Alors qu'elle traversait la Lycie, le « pays des loups » , avec ses nouveau-nés, des bergers la chassèrent à coups de pierres d'une fontaine où elle se désaltérait. Pour se venger, elle les changea en grenouilles.
Apollon, auquel Zeus lui avait offert une lyre, devint le dieu de la musique. D'une radieuse beauté, il séduisit un grand nombre de nymphes, dont Cyrène, une nymphe chasseresse qui défendait les troupeaux de son père contre les bêtes féroces des forêts du Pinde. Le jour où Apollon l'aperçut, Cyrène était aux prises avec un lion : le dieu prit alors la forme d'un loup et mit le félin en fuite. Puis, reprenant son aspect, il séduisit la jeune fille et l'enleva sur son char.
En Grèce même, à Delphes, Apollon réussi à tuer le monstre Python qui vivait dans une grotte du mont Parnasse et terrorisait les habitants. En remerciement, ceux-ci élevèrent à la gloire du dieu un sanctuaire : on y venait de loin pour déposer des offrandes, et le temple recéla bientôt un fabuleux trésor. Un jour, ces richesses disparurent, emportées pas des voleur. A la même époque, les habitants de Delphes furent réveillés chaque nuit par les hurlements d'un loup qui pénétrait dans la ville. Ils y virent un signe du dieu. Ils suivirent l'animal qui les conduisit dans un bois touffu sur les pentes du mont Parnasse. Là ils retrouvèrent les richesses sacrées et le corps du voleur, que le loup avait surpris et tué. En souvenir de ce prodige, un loup de bronze fut érigé près de l'autes d'Apollon.

LE CHOIX D'APOLLON


Une foule de curieux se pressa au bord de l'eau, comme elle le faisait à l'arrivée de chaque vesseau. Celui-ci était de belle taille, car il ne comptait pas moins de cinquante rameurs, vingt-cinq de chaque côté. On devinait qu'il avait été construit pour les longue courses et les traversées périlleuses. Chacun attendit avec impatience que les marins mettent pied à terre, pour poser les questions qui leur brûlaient les lèvres : « Qui es-tu ? D'où viens-tu ? »
Aussi quelle ne fut pas la stupéfaction des badauds lorsqu'ils s'aperçurent que les rameurs étaient des jeunes filles ! Rendus muets par la surprise, ils s'écartèrent pour les laisser passer, sans même oser interroger celui qui semblait être le capitaine de cet étonnant équipage. Ce fut lui qui s'adressa à la foule médusée :
« Je m'appelle Danaos et voici mes cinquante filles, dit-il en montrant ses rameurs. Je viens de l'autre côté de la mer, chassé par cinquante neveux et par mon frère Egyptos, qui règne sur le pays auquel il a donné son nom. Conduisex-moi à votre roi ! »
L'Argolide, où venait d'aborder Danaos, était alors gouvernée par Gélanor. Celui-ci reçut le nouvel arrivant qui annonça aussitôt son intention de se faire élire roi d'Argos. Évidemment, cela ne fit pas plaisir à Gélanor, mais respectueux de la coutume, il organisa un débat public afin que le peuple choisisse celui des deux hommes qui le gouvernerait désormais.
Malgré les longs discours de Gélanor et de Danaos, les habitants d'Argos restaient indécis. Toutefois leurs préférences allaient à Gélanor, qu'ils connaissaient, alors que Danaos n'était qu'un étranger.
Arriver le jour prévu par l'élection. Dès l'aube, la foule avait pris place autour de la place publique, pour assister au dernier débat des deux candidats. A peine ceux-ci avaient-ils entamé leurs discours que plusieurs bergers firent irruption, l'air affolé : un loup sorti de la forêt venait de se précipiter sur le troupeau qui passait près de la ville et en avait égorgé le taureau !
Aussitôt les Grecs, qui croyaient aux présages, virent dans cet événement un signe du dieu Apollon, familier des loups. L'arrvée soudaine de l'animal fut comparée à celle de Danaos, et le peuple en conclut que le dieu avait ainsi désigné son futur roi : Danaos fut donc aussitôt élu. En remerciement, il fit élever à Argos un superbe sanctuaire dédié à Apollon Lycien, c'est-à-dire Apollon le Loup.

NON AUX TIRS DE LOUPS !
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