LEGENDES SCANDINAVES

 

ODIN ET LES GUERRIERS LOUPS

 

Il montre un double caractère: on le vénère comme le protecteur de ceux qui lui sont dévoués, mais on le redoute comme le dieu aux actions imprévisibles et néfastes.

Il est le chef d'une équipe de guerriers, constituant un corps de fidèles autour du chef élu.

Ce dévouement a donc un caractère sacré et trouve sa justification dans le lien étroit qui les relie à Odin. Le dieu protège les grands héros et il leur prête son secours en leur donnant l'invulnérabilité, en leur apprenant un stratagème et en leur prêtant la victoire. Mais il arrive toujours un moment où il trahit son protégé.

Quelques poèmes ont exprimé l'indignation provoquée par l'attitude traîtresse du dieu ; mais Odin agit ainsi parce qu'il doit rassembler autour de lui ces grands héros pour la catastrophe du Ragnarok.

Odin, le dieu suprême, est parfois représenté avec une tête de loup et toujours accompagné des loups Gere et Freke auxquels il abandonne les mets offerts au festin quotidien des héros morts sur le champ de bataille.

 

 

Dans le comitatus se distingue un groupe spécial de guerriers farouches. On les nomme "peaux de loup" (ou "d'ours"), ce qui veut dire des hommes qui sont affublés des peaux de ces bêtes fauves ; cela les transforme et leur fait acquérir la nature de ces bêtes.

Ces guerriers loups ont des traits communs avec les loups-garous de la superstition populaire ; ils sont invulnérables dans le combat, ils marchent sur des charbons ardents sans subir de brûlures et manifestent de la sorte une condition d'extase, de transe comparable à celle des chamanes et des fakirs.

Les guerriers loups ne forment pas seulement des bandes de guerriers, il est probable que ce sont aussi les membres d'une communauté à la fois sociale et religieuse.

En effet, le nom rappelle si clairement le comitatus céleste des Einherjar qu'il est légitime de penser à un culte des morts, mais bien entendu d'hommes morts sur le champ de bataille.

Les Romains ont comparé Wodan à Mercure et les Germains eux-mêmes traduit dies Mercurii par '"jour de Wodan".

Mercure pourrait être défini comme un dieu intellectuel et pacifique à l'opposé d'un dieu de la guerre du type wodanique. Remarquons d'abord qu'Odin dans la mythologie scandinave ne se mêle pas au combat ; il agit de loin, son arme est le javelot et non l'épée. Son secours ne se manifeste pas par le courage ou la force, mais par des conseils salutaires tout en étant souvent rusés.

 

Auteur du livre "Les loups mythes et légendes" de Claude-Catherine Ragache

 

LE LOUP FENRIR : LE LIEN MAGIQUE

 


Ce jour-là, les dieux se réunirent autour d'Odin, dans son palais du Walhall. Pour une fois, il n'était pas question de se livrer aux joies d'un plantureux festin codevaient garder l'esprit clair. Le visage grave, ils délibéraient sur les mesures à prendre face au danger qui les menaçait : le loup Fenrir, monstre vorace et cruel, s'apprêtait à attaquer l'Asgard, le domaine céleste où vivaient des dieux !
Fenrir appartenait à la famille des Géants, qui avaient été les premiers occupants de l'Asgard à la création de l'Univers. Chassés par les dieux qui avaient pris place, ils attendaient le moment de la vengeance. Fils d'une Géante et de Loki, le génie du feu, le loup devait atteindre à l'âge adulte une taille gigantesque. Jamais rassasié, il parcourait l'Univers, avalant tout sur son passage dans le gouffre béant de sa gueule dont une mâchoire touchait au Ciel et l'autre à la Terre.
Les dieux s'étaient mis à le considérer d'un œil inquiet, et un oracle avait confirmé leurs craintes : Fenrir tramait contre eux une sombre machination, il était urgent de la mettre hors d'état de nuire.
Le conseil des dieux, déjà réuni une première fois sous la présidence d'Odin, dieu de la guerre et maître de la sagesse, avait décidé de ne pas tuer le grand loup, pour éviter de souiller leur règne par un crime : Fenrir serait simplement enchaîné puis abandonné sur une île deserte.
Curieusement docile, Fenrir s'était laissé passer autour du cou une chaîne aux gros maillons d'acier, et déjà les dieux savouraient leur victoire, lorsque le gigantesque animal étirant ses muscles, brisa ce lien métallique comme un vulgaire fétu de paille. Peu après, une autre chaîne, plus épaisse, subit la même sort. Voilà pourquoi les dieux, vexés de leur échec, s'étaient réunis une seconde fois au Walhall :
«Qu'attend-on pour tuer ce loup de malheur ? Rugit Thor, le dieu à la barbe rouge, fils aîné d'Odin. Laissez-moi faire d'un seul coup de Mjollnir, mon marteau qui ne manque jamais sa cible, je vais de ce pas lui casser la tête. Ensuite nous fêterons la victoire autour d'une table bien garnie ! »
Cette sévère assemblée où il ne pouvait contenter son immense appétit avait mis le dieu de fort méchante humeur. Frig, son épouse à la chevelure d'or pur, s'approcha pour l'apaiser. Balder le juste vint au secours de la déesse :
« Calme-toi, Thor ! Nous devons trouver un moyen d'enchaîner Fenrir, pour prouver que nous sommes les plus forts. »
Odin intervint :
« Balder a raison, Thor. D'ailleurs ma lance Gunjir ferait tout aussi bien l'affaire que ton marteau. Cependant tu m'as donné une idée : ces deux armes magiques ont été fabriquées par les nain-forgerons. Eux seuls sont capables de façonner une chaîne assez solide pour résister à Fenrir. Allons les trouver sans plus tarder ! » Aussitôt un messager des dieux partit pour le pays des nains.
Comme les Géants, le peuple des nains avait dû céder la place aux dieux lors de l'avènement de ces derniers. Ces petits êtres laids et contrefaits avaient alors choisi de vivre sous la terre. Passés maîtres dans l'art de forger les métaux, ils travaillaient sans répit. Dans leurs ateliers où régnait une intense activité, ils avaient créé des armes magiques pour les dieux et ciselé de magnifiques bijoux pour les déesses.
Cette fois encore, ils acceptèrent de rendre service aux habitants de l'Asgard. Ayant renvoyé le messager, ils se mirent au travail dans le plus grand secret...
Le maître des forgerons vint en personne livrer le mystérieux ouvrage. C'était un vieux nain à la peau tannée par la chaleur des forges. Les yeux pétillants de malice, il tira d'une besace un long ruban doux comme la soie et léger comme l'air.
« Voici une chaîne impossible à rompre ! annonça-t-il aux dieux incrédules. Vous pouvez essayer ! »
Perplexes, les dieux firent passer de main en main la longue écharpe soyeuse ; ils la tiraillèrent en touts sens, d'abord doucement tant elle semblait fragile, puis de plus en plus violemment. Lorsqu'elle eut résisté même à la force prodigieuse de Thor, qui banda en vain tous ses muscles pour la déchirer, ils furent enfin convaincus de sa solidité. Curieux, ils demandèrent aux nains le secret de ce prodige :
« Ce lien est composé à partir de six éléments assemblés selon une recette magique, répondit le forgeron. Ce sont : le miaulement du chat, la barbe de la femme, les racines de la montagne, les tendons de l'ours, le souffle du poisson et la salive de l'oiseau. »
Satisfaits, les dieux remercièrent le nain et donnèrent rendez-vous à Fenrir dans l'île déserte d'Armwartner, qui dépendait du domaine d'Odin.

 

LE SACRIFICE DE TYR

 


Depuis quelque temps, le grand loup était méfiant : les dieux s'intéressaient beaucoup trop à lui et cela ne lui disait rien qui vaille.
Quand il les vit arriver pour la troisième fois au grand complet, Fenrir se tint sur ses gardes ; il fit semblant de dormir, mais coula de biais son regard perçant en direction des visiteurs. Les dieux avaient-ils surpris ses projets contre l'Asgard ? Fenrir redoutait surtout Odin, qui avait le pouvoir de lire dans l'avenir. Le loup savait qu'il devrait attaquer par surpris, mais il n'avait pas encore trouvé le moyen de tromper la vigilance d'Heimdall, le dieu de la lumière, placé jour et nuit en sentinelle au pied de l'arc-en-ciel menant au domaine sacré.
Fenrir ne remarqua rien d'anormal sur le visage des dieux ; ils approchaient en bavardant gaiment, et lorsqu'ils furent près de lui, le loup fit semblant de se réveiller, puis ouvrit sa gueule en un immense bâillement qui découvrit ses mâchoires armées de crocs acérés.
« Bonjour, Fenrir ! dit Odin. Veux-tu jouer avec nous ? »
« Gare ! pensa le loup. Que me veulent-ils encore ? »
Il répondit d'un ton bougon : « Voyons donc ! »
« Regarde ce ruban, continua le dieu. Chacun d'entre nous a essayé en vain de le rompre ; même Thor malgré ses muscles puissants a échoué ! Parmi nous, certains prétendent que tu ne ferais pas mieux. Les autres au contraire affirment que toi seul es assez fort pour le déchirer. Veux-tu nous départager ? »
Le loup géant frémit de colère ; son regard flamboyant se fit plus cruel, un grondement rauque monta de ses entrailles. « C'est un piège ! » se dit-il, mais il ne pouvait pas refuser ce défi lancé par les dieux, ses ennemis, à moins de passer pour un lâche. Il réfléchit rapidement puis répondit en s'efforçant de reprendre son calme :
« C'est entendu, j'accepte de tenter l'épreuve, mais à une condition : que l'un de vous, pendant que je serai attaché, place une main entre mes mâchoires. »
Fenrir se tut et observa avec intérêt la réaction des dieux. Il lui sembla qu'Odin baissait imperceptiblement la tête pour mieux cacher son regard borgne sous le grand chapeau qu'il portait toujours. Thor faillit s'étouffer de rage et crispa les poings sur son marteau sacré. Frig pâlit tandis que Freyda, l'épouse d'Odin, tortillait nerveusement ses lourds colliers d'or. Seul Balder était resté impassible.
Le grand loup triompha : il avait vu juste, les dieux avaient voulu lui tendre un piège, et maintenant ils reculaient, avouant ainsi leur impuissance. Content de lui, Fenrir se redressa, pour mieux écraser ses adversaires de sa taille gigantesque.
C'est alors que l'un d'eux s'avança : Tyr, un dieu guerrier vénéré sur les champs de bataille pour sa bravoure, mais aussi pour sa droiture et sa grande sagesse. Modestement, il était resté à l'écart, si bien que Fenrir ne l'avais pas remarqué.
Aussitôt qu'il aperçut Tyr, le loup fut saisi d'un sombre pressentiment qu'il essaya de chasser : « Je ne crains rien, se disait-il, aucun de ces dieux n'a suffisamment de courage pour sacrifier une main. » Cependant Tyr, sans un seul mot, sans le moindre tremblement, avait tendu le bras droit et passé sa main devant la gueule du monstre. Fenrir ne pouvait plus reculer : il ouvrit les mâchoires...
Tout se passa très vite. En un clin d'œil, le loup fut immobilisé par des mains puissantes, puis ligoté à l'aide du ruban magique. Ensuite les dieux s'écartèrent prudemment, excepté Tyr qui tenait à respecter le marché conclu avec Fenrir.
Le loup tenta de remuer. Il gonfla son poitrail pour rompre le lien : en vain. Ses pattes puissantes ne réussirent pas mieux à briser le ruban. Écumant de rage, il lançait des regards féroces en direction des dieux qui riaient sans retenue, en se montrant du doigt leur ennemi enfin maîtrisé. Tous se moquaient de lui. Tous ? Non : à son côté, calme et digne, se tenait Tyr. Fenrir serra lentement les mâchoires, sans que le dieu fasse un seul geste pour retirer sa main ; puis, d'un seul coup, il referma la gueule, et de ses crocs aiguisés lui trancha net le poignet.
Le grand loup avait perdu la partie. Les dieux, soulagés, félicitaient leur blessé : le sacrifice de Tyr avait racheté la malhonnêteté du mauvais tour joué à Fenrir. Enchaîné sur l'île, le loup géant hurlait. Alors, avant de l'abandonner, l'un des dieux revint sur ses pas et coinça son épée entre les deux mâchoires de l'animal pour l'empêcher de crier sa rage.

 

LE CRÉPUSCULE DES DIEUX

 


Depuis quelque temps le domaine des dieux était cerné d'épaisses nuées, menaçantes et glaciales. Partout régnaient le froid et les ténèbres, car les loups nés de Fenrir, qui poursuivaient sans répit la lune et e soleil, avaient réussi à dévorer les astres de lumière. Des rafales de vent arrachaient les arbres, soulevaient les flots, et le vacarme de la tempête montait jusqu'à l'Asgard.
Odin avait reconnu les signes avant-coureurs de la terrible bataille qui opposerait bientôt les dieux aux Géant ; ceux-ci étaient enfin prêts à l'attaque, après avoir sombrement ruminé leur vengeance depuis la nuit des temps...
Ayant remplacé son grand chapeau par un casque de guerre, Odin empoigna Gunjir, sa lance magique, et fit venir près de lui sa garde personnelle. C'était une armée redoutable dont les guerriers, surnommés les Fous Furieux, s'entraînaient nuit et jour au combat. Ils répondirent à l'appel d'Odin, impatients de combattre, rendus plus menaçants encore pas les peaux de loups ou d'ours qu'ils avaient agrafées sur leurs épaules.
Puis Odin convoqua tous les dieux de l'Asgard dans son palais du Walhall, pour faire avec eux le point sur la situation :
« L'heure du grand combat est proche, annonça-t-il à ses compagnons. Fenrir le loup a réussi à se détacher, de même que le génie du feu Loki, son père, que nous avions pourtant soigneusement ligoté pour l'empêcher de nuire par ses mauvais tours. Tous deux ont pris la tête de l'armée des Géants venus des pays du Givre. Garm, le chien des Enfers, s'est également détaché, et je sais qu'un vaisseau transportant des fantômes de guerriers fait voile vers nos contées depuis le royaume des morts. Tenez-vous prêts au combat, car nous allons devoir les affronter tous ensemble ! »
En prononçant ces derniers mots, Odin se tourna vers son fils Thor qui, à plusieurs reprises par le passé, avait déjà tenté d'éliminer les Géants les uns après les autres. Malgré sa témérité, il n'avait jusqu'alors son terrible marteau avait tenu en respect les démons maléfiques...
Les dieux vécurent donc dans l'attente de l'affrontement. Le ciel comme la terre étaient livrés à la violence des éléments : des tourbillons de neige balayaient l'atmosphère, le sol se fendait, des montagnes s'écroulaient, chassant les nains forgerons de leur domaine souterrain.
Un jour enfin, le coq à crête d'or, qui vivait perché sur un des murs d'enceinte du Walhall, jeta un cri perçant ; un autre coq lui répondit depuis le royaume des morts. Tous deux ne devaient chanter qu'une fois, pour annoncer l'imminence du combat. Au même instant, le dieu Heimdall sonna l'alarme. L'heure était venue...
Alors les dieux se mirent en marche vers le champ de bataille, non loin du Walhall. En tête venait Odin, le maître des dieux, qui connaissait l'issue du combat.

 

LE FACE À FACE

 


Emergeant de la brume épaisse, une forme sinistre grossit, venant de l'Ouest : c'était Naglfar, le navire de l'enfer, construit avec les ongles des morts. Entre les vagues échevelées qui roulaient sur la mer, on distinguait la gueule monstrueuse du dragon qui lui tenait lieu de figure de proue. A la barre de ce vaisseau chargé de fantômes se dressait le géant Hrymr, élevant en geste de défi son bouclier étincelant. Ilse riait de la tempête déclenchée par le serpent du Misguard qui tordait de fureur son corps gigantesque et fouettait les vagues de sa queue. Il soufflait tant de venin que l'air et la mer en étaient empestés. Il aborda la terre, provoquant un puissant raz marée qui détruisit tout sur son passage. Le vacarme était effroyable...
Sur la vaste plaine carrée de mille lieues de côté où devaient s'affronter les dieux camps, l'air résonnerait bientôt des rugissements de haine et du fracas des armes. Déjà, sous les éléments déchaînés par la colère des Géants, le paysage offrait une vision de fin du monde.
Soudain, au sud un éclair aveuglant zébra le ciel qui se fendit, tandis que les Géants du feu surgissaient au galop sur leurs chevaux couverts d'écume. Sur, leur chef, caracolait en tête, brandissant une épée plus étincelante des flammes et dans son sillage la terre se déchirait en violents craquements. A toute allure, les Géants du feu lacèrent leurs coursiers à l'assaut de l'Asgard : à peine avaient-ils franchi l'arc-en-ciel qui reliait le domaine des dieux à la Terre que celui-ci s'enflamma puis s'effondra dans une gerbe d'étincelles.
A présent, dieux et Géants étaient face à face et sans perdre un instant, ils se jetèrent les uns contre les autres. Entouré de ses guerriers, Odin chercha son ennemi personnel : le loup Fenrir ! Selon les prophéties, il devait se battre contre lui. Le voici, ce fauve dévorant, qui bondit la gueule béante, soufflant devant lui une haleine brûlante : il crachait des flammes par les yeux et les narines, et lança un long hurlement menaçant. Jamais un loup n'avait semblé aussi redoutable !
Sans l'ombre d'un tremblement, Odin se précipita sur la bête géante qui l'engloutit aussitôt entre ses mâchoires, sans lui laisser le temps de combattre. Il était dit que le maître des dieux périrait par Fenrir, et la prophétie s'était réalisée. Pourtant le combat n'était pas terminé...
Fenrir n'eut pas le temps de refermer la gueule que déjà Vidar, l'un des fils d'Odin, lui clouait la mâchoire au sol d'un violent coup de pied ; puis il enfonça dans la gueule du loup une épée si longue qu'elle lui transperça le cœur.
Ce farouche affrontement ne prit fin que beaucoup plus tard, lorsque tous les dieux et tous les Géants se furent entre-tués. Sur la Terre devenue inhabitable, les hommes disparurent à leur tour, anéantis par des incendies, des tremblements de terre et des raz de marée qui dévastèrent tout sur leur passage. Une pluie d'étoiles tomba du ciel, et la Terre finit par sombrer dans les flots.

NON AUX TIRS DE LOUPS !
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