LE MOYEN-AGE : TOMBEAU DU LOUP

Texte tiré de http://www.reportage.loup.org/html/mythologie/mythologie.html

 

L'éradication du loup en occident doit beaucoup au moyen-âge et, plus particulièrement, à l'Eglise catholique. Cette dernière, prenant l'agneau pascal pour symbole, ne faisait pas un choix innocent vis-à-vis du loup. Le loup, c'est le diable.

 

Moyen Âge et génocide chrétien

 

Le Moyen Âge en Europe sera, sans conteste, marqué du sceau de l’Église catholique qui répondra toujours présente pour légitimer les violences inhérentes au mode de société qu’elle impose et qui fait sa gloire, sa puissance et sa richesse. Elle invoquera ainsi la Bible pour déclarer que l’homme se doit de dompter la nature. Dès lors, son premier ennemi, qui empêche l’exercice paisible du pastoralisme et la domestication des proies de l’homme, c’est le loup. Elle prendra pour symbole, l’agneau pascal, si doux, et diabolisera, de la même façon, l’animal qui le menace : le loup, incarné par la cruauté, un caractère sanguinaire, un esprit fourbe, malin,… Le loup, c’est l’animal le plus cruel, qui emmène l’animal le plus doux.

Le loup, c’est le Diable. « Quand on parle du loup, il saute le buisson », dit le proverbe. Cela signifie qu’il ne faut pas trop parler de Celui-qui-ne-peut-être-nommé. Le loup en dévorant les corps s’approprie les âmes. « Si le loup menace de bondir sur toi, tu saisis une pierre et il s’enfuit. Ta pierre, c’est le Christ. Si tu te réfugies dans le Christ, tu mets en fuite les loups, c’est-à-dire le Diable ; il ne pourra plus te faire peur », disait saint Ambroise. (cité par CARBONE, 1991, 23). Il n’avait pas tort, le loup n’est pas plus difficile que cela à faire fuir. Pourtant, la morale judéo-chrétienne va développer une masse impressionnante de croyances et de légendes sur le loup à travers Perrault, La Fontaine et autres conteurs.

 

De Charlemagne à Descartes

Tout commence avec Charlemagne qui, au IXe siècle, crée le corps de louveterie, destiné à détruire les loups pour libérer le territoire. Celui-ci tiendra plus de mille ans, tant la résistance des loups est importante. La louveterie sera financée par la Couronne jusqu’à la révolution, à vrai dire jusqu’en 1787, date à laquelle elle est dissoute car considérée comme trop dispendieuse. Napoléon la rétablira très vite avec, à sa tête, un « grand veneur ». L’institution existe toujours à l’heure actuelle, avec de nouvelles fonctions, bien sûr. « En 1975, les lieutenants de louveterie protégeraient bien les loups contre les hommes mais il n’y a plus de loups », confie à Geneviève Carbone Pierre Champeroux, lieutenant de louveterie en Ile-de-France. (CARBONE, 1991, 169).

Si c’est au Moyen Âge que le loup est à ce point pris en grippe, c’est assurément en raison des difficultés propres à l’époque, portées à l’extrême au XIVe siècle dans la Guerre de cent ans. Froid, guerres, disettes, épidémies et misère laissent des cadavres sans sépulture qui attirent des loups accusés ensuite, dans les chroniques, d’attaques qu’ils n’ont jamais commises. Le loup anthropophage était né dans les esprits.

Malgré tout, on mettra plutôt en évidence ici, comme l’un des plus grands ennemis du loup sans le savoir, l’un des hommes qui a le plus inspiré notre époque : René Descartes. Celui-ci invoque également la Bible en commandant à l’homme de se rendre maître et possesseur de la nature. « Dans la Genèse, Dieu charge l’homme de régner sur les animaux, mais on peut expliquer cela en disant qu’il n’a fait que lui prêter ce pouvoir. L’homme n’était pas le propriétaire mais seulement le gérant de la planète, et il aura un jour à rendre compte de sa gestion » (KUNDERA, 1996, 418). L’homme est un parasite de la vache, selon le penseur tchèque et c’est pour lui la définition qu’un non-homme pourrait donner de l’homme dans sa zoologie. Cette responsabilité, l'auteur l’impute à l’Église d’abord, mais surtout à Descartes. « Et il y a certainement une profonde logique dans le fait que lui, précisément, ait nié que les animaux ont une âme. L’homme est le propriétaire et le maître tandis que l’animal, dit Descartes, n’est qu’un automate, une machine animée, une « machina animata ». Lorsqu’un animal gémit, ce n’est pas une plainte, ce n’est que le grincement d’un mécanisme qui fonctionne mal. » (KUNDERA, 1996, 418-419). « C’est une chose bien remarquable qu’il n’y a point d’hommes si hébétés et si stupides, sans en excepter même les insensés, qu’ils ne soient capables d’arranger ensemble diverses paroles et d’en composer un discours par lequel ils fassent entendre leur pensée ; et qu’au contraire il n’y a point d’autre animal, tant parfait et tant heureusement né qu’il puisse être, qui fasse le semblable. (…) Et ceci ne témoigne pas seulement que les bêtes ont moins de raison que les hommes, mais qu’elles n’en ont point du tout... » (DESCARTES, 1937, 152). A partir de là, il n’y aurait plus lieu, avant longtemps, de se soucier de la condition des animaux.

 

La bête du Gévaudan porte un coup quasi fatal

Au XVIIIeme siècle, la peur du loup sera très fortement relancée par la fameuse « Bête du Gévaudan » qui terrorisa la région pendant plus de trois mois et tua une centaine de personnes, « négligeant » la chair des agneaux pour celle des bergers, selon les « historiens » de l’époque. Ce choix de victimes démontre qu’on ne se trouvait pas en présence d’un animal sauvage, selon les éthologues et tous ceux qui, aujourd’hui enfin, ont étudié le loup sur le terrain. Il est par contre fort probable qu’il s’agissait d’un chien. Dans « Vie et mort de la bête du Gévaudan », R.F. Dubois dévoile les résultats de son enquête : la « Bête» était bien un animal, voire plusieurs, mais dressé(s) par l’homme à tuer . L’hypothèse se porte bien souvent sur les frères Chastel, personnages très influents auprès du Comte de Morangiès et du Marquis d’Apcher. En effet, ceux-ci étant accusés de tentatives de meurtre dans un autre dossier, les crimes attribués à la « Bête » cessaient aussitôt qu’ils étaient mis en prison.

Après la révolution, la chasse n’étant plus réservée à l’aristocratie et l’augmentation des primes donnant du cœur à l’ouvrage, l’homme a déployé l’impressionnant arsenal de son génie meurtrier : arcs, flèches, arbalètes puis fusils de plus en plus performants, battues, trappes, poisons et une foule d’autres moyens rivalisant d’inventivité, d’originalité et surtout de cruauté. Rien qu’en France, en une dizaine d’années, de 1818 à 1829, plus de dix-huit mille loups ont été tués. A la fin du XIXe siècle, l’espèce avait pratiquement disparu du pays.

Certains rares loups parvinrent jusqu’au XXe siècle mais l’apparition de la strychnine, poison inodore, marqua leur fin dans la plupart de nos pays d’Europe. En France, le dernier représentant fut abattu en 1927. En Belgique, il disparaît définitivement en 1897.

 

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