PASTORALISME ET COHABITATION

Texte tiré de http://ours-loup-lynx.info/sommaire.php3

 

Le chien de protection et ARTUS
2005



HISTORIQUE des ACTIONS MENEES par ARTUS

  1992 : Proposition faite au ministère de l’Environnement d’étudier et de mettre en place des chiens de protection en zone à ours et ce, préventivement à la réintroduction expérimentale (avec Pascal Wick, chargé de mission)

  Oct. 92 : Conférence de Pascal Wick à la IXème conférence internationale sur la connaissance et la gestion des populations d’ours - Grenoble : « Minimizing bear-sheep conflicts through herding techniques ».

  1996 : Premiers chiens de protection mis en place dans les Pyrénées centrales sur les lieux de réintroduction expérimentale de l’ours (financement programme Life / Ministère de l’Environnement, ARTUS).

  avril 96 : Elaboration d’une méthode de mise en place des chiens de protection.

  6 novembre 96 : La Marche du Siècle (F3) consacrée aux loups, Jean-Marie Cavada fait venir Pascal Wick des Etats-Unis pour témoigner de son expérience.

  1997 : Formation d’un éleveur/ berger dans les Pyrénées à la technique de mise en place des chiens de protection (financement programme LIFE / Ministère de l’Environnement / ARTUS).
27 chiens de protection ont alors été placés par ARTUS (Pascal Wick) : 20 en zone à ours et 7 dans les Alpes, dans le cadre d’un partenariat financé pour moitié par ARTUS et CAPITOUL, un fromage produit par une coopérative agricole. Tous ces chiens sont suivis et évalués par ARTUS.

  début 1998 : Impression de la brochure : « Le chien de protection sur troupeau ovin, Utilisation et méthode de mise en place » (financement LIFE / Ministère de l’Environnement / ARTUS)

  février 98, Université de Lerida : « Journées techniques sur la conservation problématique de l’ours brun dans les Pyrénées » - Communication de Pascal Wick sur l’utilisation des chiens de protection pour réduire les conflits prédateurs/éleveurs, bergers.

Extrait du mémoire de DEA, Paris V, juin 2002 de Julie DELFOUR, "Pastoralisme, prédateurs et chiens de protection".

" L’utilisation des chiens pyrénéens, Berger comme Montagne, remonte vraisemblablement aux premiers temps des civilisations pastorales, c’est-à-dire depuis que le mouflon est devenu mouton et le loup devenu chien ".

Les chiens sont traditionnellement associés à l’histoire de l’élevage et du pastoralisme, car les éleveurs ont toujours été confrontés à la prédation. Chiens de conduite (Labrits et Borders Collie) ou chiens de protection (Patous) sont des auxiliaires difficilement remplaçables non seulement sur le terrain mais également au sein du tissu culturel pastoral. Chaque région des Pyrénées possède sa " linguistique pastorale ", son " lexique " du chien, qui est une projection de la complicité unissant bergers et chiens dans le vocabulaire quotidien. Intégrés depuis toujours aux pratiques primitives et au folklore local, les chiens ont leur place dans les proverbes, croyances et récits d’exploits racontés à la veillée, qui témoignent de la symbiose entre l’homme et l’animal dans l’élevage traditionnel :

" Toutes les sociétés pastorales européennes ont accordé un rôle fondamental au chien, considérant que ce dernier est un élément essentiel dans la réussite de l’élevage. Dans les grands domaines ou pour conduire les troupeaux communaux ou la transhumance, on engage à peu près toujours le chien avec son maître. (...) Au XIXè siècle et dans l’entre-deux guerres, le chien de berger est devenu un auxiliaire si commun dans les campagnes françaises que sa présence paraît aller de soi dans chaque ferme ".

D’où la confiance qui s’établit au fil d’une vie menée ensemble au jour le jour. L’animal est à la fois outil, complice et compagnon de solitude :

" Et puis, on se comprend, on a nos habitudes, car sur les pâturages il n’y a que lui et moi, ou moi et lui ".

Qu’il soit perçu comme outil de travail (" Les chiens Patous et les Labrits ont une intelligence et un sens du travail très développés ; pour le travail en montagne, ils nous sont d’un grand secours ") ou comme compagnon (" Dans la cabane, le chien est un compagnon et une couverture chauffante "), il partage le quotidien de son maître :

" Le chien était logé dans la cabane du berger ; sa nourriture, très souvent du lait de chèvre avec du pain, et le berger aussi partageait sa soupe avec son fidèle compagnon ".

D’auxiliaire, le chien peut parfois prendre le statut de membre de la famille :

" J’ai possédé des bêtes merveilleuses, intelligentes et fidèles et je ne m’en serais pas défait pour une fortune. Le chien, le troupeau et moi faisions partie de la même famille "...

ARTUS est née en 1989 de la volonté d’un groupe de scientifiques et de naturalistes qui voyait s’éteindre le dernier grand fauve français : l’ours brun. FERUS est le résultat de la fusion d’ARTUS et du Groupe loup France.

 

 

Le chien de protection et les randonneurs : quelques éléments pour aider à se comprendre ....
2005


par Cyprien Zaïre

Une des actions du Groupe Pastoralisme de FERUS est la communication sur les moyens de protection. Aujourd’hui, à l’heure des départs en vacances, où certains vont « transhumer » vers les alpages, nous avons choisi de clarifier les choses au sujet d’un élément clé de la protection des troupeaux face aux prédateurs : le chien de protection. Pour cela, nous avons demandé sa contribution à Cyprien Zaïre, animateur « Chien de protection » pour l’ACP (1)

Au cours de vos promenades en campagne ou de vos randonnées en montagne, vous pouvez être amenés à rencontrer des chiens de protection. Ce sont de gros chiens blancs dont la fonction est d’assurer la protection des troupeaux, principalement de brebis et de chèvres.
La plupart d’entre eux sont de race Montagne des Pyrénées, appelés aussi dans leur berceau d’origine « Patou » (« Pâtre », berger). L’utilisation de ces chiens est millénaire mais a connu un creux avec la quasi-disparition des grands prédateurs au début du XX ème siècle. Cependant, quelques vallées des Pyrénées-Atlantiques (Aspe et Ossau) ont maintenu ces chiens au travail de façon traditionnelle.
Avec le renforcement de la population d’ours dans les Pyrénées, le retour du lynx et du loup (respectivement dans le Jura et les Alpes), sans oublier l’augmentation exponentielle des chiens domestiques, l’emploi des chiens de protection représente de nouveau une aide précieuse pour les éleveurs et les bergers. Ainsi, si ces derniers utilisent ce type de chiens, ce n’est pas pour déranger les différents utilisateurs de l’espace rural et montagnard mais bel et bien pour trouver une solution aux problèmes de perturbations et de prédations dont sont victimes leurs troupeaux. Rappelons ici que ces troupeaux constituent la source de revenu des éleveurs.

La mise en place et rôle du chien de protection
Né en bergerie et issu de parents eux-mêmes au travail, le chiot est placé individuellement dès 2 mois avec les animaux qu’il aura à protéger. Il tisse des liens affectifs très forts avec les brebis et la relation s’établit jusqu’à une acceptation totale et réciproque. A partir de là, le chien vit en permanence au sein du troupeau : l’été au pâturage et l’hiver en bergerie.
Sa tâche est de veiller sur son troupeau, de jour comme de nuit, et le plus souvent de manière autonome. Ces chiens ne sont pas agressifs mais ont avant tout un rôle préventif et dissuasif. La présence permanente du chien dans le troupeau, le marquage du territoire par l’odeur et les aboiements sont autant d’éléments qui détourneront le prédateur. Si cela ne suffit pas et qu’un intrus entre dans le périmètre de protection (celui-ci pouvant être variable, de quelques mètres à plusieurs dizaines de mètres), le Patou s’interpose entre le troupeau et l’intrus en aboyant. Ce type de comportement est à la fois un signal d’alerte pour l’éleveur/berger et le troupeau mais aussi pour signifier à l’intrus de ne plus s’avancer vers le troupeau et de s’en écarter. Cette mise en garde est valable quel que soit l’intrus. Elle s’applique aussi bien à l’animal sauvage, au chien en divagation qu’au randonneur.

Quelques règles à respecter
Ainsi, lorsque vous entrez sur une zone pastorale, il convient de respecter quelques règles.
Si vous croisez un troupeau, il est souhaitable de contourner largement l’aire de pâturage ou de repos des brebis, ainsi vous respecterez la quiétude du troupeau et par la même occasion le travail du berger. Si vous vous tenez suffisamment à l’écart du troupeau, la plupart du temps, le chien n’aboiera même pas et peut-être ne remarquerez vous pas sa présence.
Dans le cas où le chien vous détecte, il vous signale sa présence en aboyant et en s’interposant devant le troupeau et vous indique de ne pas approcher. Il est alors préférable de continuer votre chemin sans vous rapprocher des animaux.
Enfin, il existe des situations, où le chien viendra en contact direct avec vous en aboyant, en vous flairant ; soit parce que vous vous êtes approché trop près du troupeau, soit parce que la zone de protection du chien est relativement grande. Dans ce cas de figure, il convient de rester calme et passif. Après avoir effectué son inspection ; soit le Patou regagnera son troupeau et vous pourrez reprendre votre chemin, soit il attendra que vous quittiez la zone. Quoiqu’il en soit, même si ce genre de situation peut paraître impressionnante, il est impératif de ne pas menacer le chien d’un bâton puisque ce dernier l’interprètera comme une agression. Il est également inutile d’essayer de l’amadouer avec de la nourriture (si les Patous restent en permanence avec leur troupeau, rassurez-vous, ils reçoivent une ration quotidienne de la part de leur maître. Ainsi, en ne leur donnant aucune nourriture, vous contribuez à leur bon état de santé).

Sur certains espaces, la présence de votre chien de compagnie peut être autorisée. Dans ce cas, il est impératif que celui-ci soit tenu en laisse (même si vous avez ou pensez avoir la maîtrise de votre compagnon), et que vous contourniez largement le troupeau. Ce comportement évitera une réaction dissuasive du ou des chiens de protection.
Cependant, si le Patou vient en contact direct avec vous et votre chien et que les deux congénères s’intimident, il sera alors conseillé de détacher votre chien et de vous en écarter pour éviter un conflit (ce conseil est également valable si vous êtes propriétaire d’un chien de petite taille). La plupart du temps votre compagnon se soumettra et vous rejoindra, alors vous pourrez à nouveau l’attacher et poursuivre votre chemin. Sans le savoir, ce sont souvent les maîtres, par leurs interventions, qui déclenchent les bagarres.

Pour les personnes pratiquant le VTT ou la randonnée à cheval, il est préférable de descendre de votre monture avant d’arriver à proximité d’un troupeau. En effet, votre passage peut provoquer une réaction dissuasive de la part du/des Patous.

Comme nous l’avons précisé, il est important de respecter quelques règles de conduite lorsque l’on entre dans un espace où évoluent des chiens de protection. La plus importante est de ne pas créer de perturbation. Pour se faire, il suffit de contourner le troupeau et surtout de ne pas entrer dans l’aire de pâturage de celui-ci.
Cette règle est valable aussi bien en présence qu’en l’absence de Patous. Le berger vous sera toujours reconnaissant d’adopter un tel comportement.

Pour vous rappeler ces recommandations, des panneaux d’informations sont installés au départ des chemins de randonnée, pensez à les repérer.

(1) L’ACP : Association pour la cohabitation pastorale, 09 220 Siguer. Tel : 05 61 05 83 73. bergers.cep@infonie.fr. L’ACP édite le bulletin « un autre écho de la montagne ».

  Cet article est paru dans la gazette des grands prédateurs n° 16, juillet 2005. 
  Voir la rubrique "La Gazette des Grands Prédateurs"

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